11/01/2018

Tri des déchets à Genève, le GESDEC fait-il fausse route ?

Pour répondre aux exigences fédérales sur le tri des déchets, le canton de Genève a refusé d’appliquer une taxe aux sacs (soi-disant incitative). Il a choisi la difficulté en privilégiant la voie de la sagesse et fait appel au civisme de sa population, en s’engageant à recycler 50% de ses déchets d’ici 2017, 60% d’ici 2020, pour atteindre l’absolu des 80%.

Le rapport du GESDEC 2016 (service de géologie, sol et déchets du DETA), démontre que 21 communes respectent déjà le premier objectif, dont quatre atteignent la cible de 2020 (Anières, Cartigny, Céligny et Vandoeuvre). Les autres, ne recyclant pas encore suffisamment, ne permettent pas d’atteindre l’engagement cantonal, pour 3,8 petits pourcents de déchets triés manquant. Ce qui, en conclusion, n’est pas si terrible que ça ?  

Fort de ces bons résultats, la logique aurait voulu que le DETA poursuive cette politique, en incitant les acteurs concernés à fournir un effort supplémentaire. En automne 2016 le GESDEC décide autrement, en instituant une directive sur les incinérables, supprimant ainsi le régime de la tolérance communale pour les PME. Il justifie cette pratique non conforme au principe du pollueur-payeur et contre-productive en termes de motivation au tri. Ce qui, par la même occasion, contredit la voie cantonale et donne du crédit à la politique de la taxe aux sacs.

Cette solution oisive et difficilement applicable pour certaines PME, le GESDEC restreint l’application de sa directive à une simple taxe annuelle, par nombre de collaborateurs. Résultat ; les communes continueront à lever les incinérables des PME, avec le même camion que les privés, tout en encaissant des recettes supplémentaires.

Où est l’écologie dans tout ça ?

Le système de recyclage pratiqué à Genève, par déchèteries de quartier, arrive gentiment à sa limite. Très polluant et provoquant passablement de nuisances, par la valse incessante des poids-lourds, il ne permettra pas d’atteindre l’objectif recherché des 80% recyclés.

Plutôt que de pénaliser le tissu économique local, déjà bien fragilisé ces dernières années, ne serait-il pas plus judicieux de faire une analyse approfondie sur l’efficacité de notre méthode de récupération, en l’opposant aux pays qui ont fait le choix de professionnaliser le tri et d’avoir le courage d’admettre que depuis ces dix dernières années, le GESDEC aurait fait fausse route ? 

18:54 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |